Comprendre les étiquettes de vin italien

Juste en lisant l’étiquette sur une bouteille de vin, on peut en apprendre énormément. À condition d’en comprendre la signification. En français, c’est déjà plus simple, mais imaginez en allemand. Déchiffrer une étiquette de vins d’Allemagne relève du défi insurmontable pour beaucoup d’entre nous, nous y reviendrons plus tard. Attardons-nous ici sur ce pays qu’est l’Italie, devenu depuis peu le plus grand producteur mondial de vin en volume.

Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)

Sachez qu’il existe 450 appellations réparties sur le territoire de la botte italienne, parmi lesquelles 333 DOC, 74 DOCG et 118 IGT… Pas étonnant qu’on perde son latin ou son italien, selon Riccardo Ricci Curbastro, le président du FEDERDOC, un organisme qui veille à la protection des appellations du vin italien. Après tout, dit-il, quand on parle de jambon, les Italiens parlent plutôt de Parma, de San Daniele etc… Alors, imaginez pour le vin…Bref, en Italie, presque chaque chose fait partie d’une appellation. Alors, comment s’y retrouver parmi ces acronymes DOC, DOCG etc… Suivez le guide…

Les génériques ou vins de table

Source : http://www.italianside.com/wine-classification/

En bas de la pyramide se trouvent les vins génériques ou vins de table (vino de tavola). Ici, impossible de connaître l’origine de la zone de production de raisins utilisés pour faire le vin. Ils pourraient d’ailleurs tout simplement venir d’un autre état membre de l’Union européenne. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’il soit de mauvaise qualité. Disons que côté traçabilité, on repassera. On peut y trouver l’année (le millésime) et le cépage  tel que le cabernet sauvignon, le merlot, la syrah, le chardonnay, le sauvignon blanc ou autre cabernet.

IGT ou IGP

Une coche au-dessus, on retrouve les vins d’indication géographique typique ou protégée. Ici, on peut y lire le nom de la région (exemple Toscana) ou d’un lieu précis. Un des prérequis pour l’obtention de ce degré d’appellation ? Il faut que 85 % des raisins vinifiés proviennent de la région mentionnée sur l’étiquette. Inutile de dire que les procédures de contrôle sont plus strictes que pour les vins de table génériques.

DOC OU DOP

Tout vigneron qui obtient cette « dénomination d’origine contrôlée ou protégée » sur sa bouteille doit se soumettre à un cahier de charges très pointues et précises. Tout y est contrôlé : les cépages à utiliser, les quantités de raisins, le rendement de la vigne et la durée de l’éventuel vieillissement. Bref, de la grappe à la bouteille sur la tablette, tout est surveillé. C’est dans cette catégorie qu’on retrouvera les vins de cépage comme le montepulciano d’Abruzzo, le nebbiolo du Langhe etc…  C’est l’équivalent de l’appellation d’origine contrôlée ou protégée en France.(AOC)

DOCG

Au sommet de la pyramide des appellations, trône la DOCG, la dénomination d’origine contrôlée et garantie. On y retrouve par exemple, le Brunello di Montalcino, le Barolo ou encore le chianti classico. Ce niveau d’appellation est garanti par le gouvernement, ce qui est unique en Europe. D’abord, il y a des critères encore plus sévères que les DOC ou DOP. Et avant d’obtenir cette prestigieuse reconnaissance, les vins d’un producteur doivent avoir eu le DOC pendant au moins 5 ans. Enfin, gage de la garantie du gouvernement, chaque bouteille est munie d’une vignette avec un code alphanumérique unique donné par l’état. Salute !