François Chartier, un éleveur de vins en 3 dimensions

Il en a fait du chemin depuis son bistro de bières importées à St-Jovite. Devenu une référence mondiale en termes de sommellerie moléculaire, François Chartier a lancé sur le marché sa propre gamme de vins en 2013. « L’éleveur » de vins qu’il est devenu, attaque le marché sur les trois fronts : les épiceries, la SAQ et la restauration avec trois types de vins différents.

Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)

Qui n’a pas rêvé un jour d’avoir son propre vin avec son nom sur l’étiquette ? Posséder un vignoble est une affaire romantique, qui dans la réalité, peut devenir un cauchemar. Après tout, on ne s’improvise pas agriculteur luttant contre les sautes d’humeur du climat. François Chartier, lui a décidé qu’il ferait du vin, sans en posséder les terres. Bref, devenir un éleveur de vins, sans le stress quotidien, le meilleur des deux mondes, quoi. L’aventure dans laquelle il s’est investi corps et âme avec évidemment son propre argent, s’est transformée depuis, en un pari gagné dès que ses premiers flacons sont apparus sur le marché québécois. Aujourd’hui, ses bouteilles sont présentes dans les épiceries (IGA), la SAQ et au restaurant du Château Frontenac. Mais ne vous méprenez pas, derrière les prix des trois gammes différentes se cachent trois sortes de vins.

pêcheLes vins d’épicerie

Devenu le produit haut de gamme des épiceries, les quatre vins Chartier sont les valeurs sûres dans cet océan de mauvais vins souvent trop chers, trop sucrés et disons-le pas très bons. Bref, des vins parfaits pour ceux qui n’ont pas forcément le budget, le temps ou l’occasion d’aller à la SAQ pour acheter de bons petits vins.

flexitankUn peu moins chers (17-18$) que la gamme vendue à la SAQ (19-20$), le vin qui est produit dans les domaines vinicoles dont ils sont originaires, est en fait envoyé par bateau au Québec dans ce qu’on appelle des « flexitanks », sortes de conteneurs dans lesquels le vin a été « emballé » dans une énorme poche étanche. Le vin est ensuite embouteillé au Québec. Il ne s’agit pas d’une coquetterie, en fait, les importateurs qui veulent vendre leurs produits en épicerie et non à la SAQ, doivent se soumettre à la loi du monopole. Le succès pour Chartier est au rendez-vous puisque 436 800 bouteilles ont été écoulées depuis septembre 2014.

chartier vinsÀ la SAQ…

Disponibles à la SAQ, les sept vins de Chartier sont là aussi le fruit du travail acharné des vignerons locaux, qu’ils soient italiens, espagnols ou français. Sous la supervision de l’éleveur Chartier lui-même, ses vins sont produits et embouteillés aux domaines, sous l’œil acéré de l’œnologue-conseil Pascal Chatonnet. Parmi les 7 vins, j’en ai épinglé quatre qui valent vraiment le détour.

D’abord l’espagnol de la Ribera del Duero, un 100% tempranillo, avec ses beaux fruits noirs, son côté épicé et « toasté ». Une bonne matière en bouche et un fini surprenant pour un vin de ce prix. (18,95$)

L’autre espagnol est son nouveau bébé, un blanc de l’appellation Rueda, un 100% verdejo qui, je dois le dire, est surprenant à plus d’un titre. Il a le nez d’un sauvignon blanc mais avec une texture plus grasse très agréable. Ça regorge d’agrumes rafraîchissants. Belle acidité. (18,95$)

toscanaUn petit coup d’Italie avec ce Toscana Rosso, 100% sangiovese. Un vin qui a de la couleur, un bel équilibre et qui est gorgé de cerises noires et doté d’une belle longueur en bouche. Assurément l’une des plus belles réussites de la gamme. (20$)

Direction enfin vers la France avec ce vin de l’appellation bordelaise de Fronsac. Un vin aux tanins puissants, aux fruits présents et au potentiel de garde de quelques années. Avec le Toscana Rosso, ce Fronsac est à surveiller parmi les Bordeaux à 20$.

Et si nous ne savez quoi manger avec ces vins, ne vous cassez pas trop la tête, l’étiquette vous suggère un bon accord mets-vin…351 600 bouteilles ont trouvé preneurs à la SAQ depuis le lancement en octobre 2013.

chartier frontenacLes cuvées Frontenac

La troisième dimension de Chartier se trouve au Château Frontenac où pour 60-70$ (le prix payé à la table), vous aurez droit à des cuvées prestige de quelques crans au-dessus de la gamme SAQ. Histoire de ne pas confondre les clients du restaurant qui auraient pu argumenter que l’étiquette était presque la même que celles des vins vendus à la SAQ, alors que le prix de ces ceux-ci étaient moindres, François Chartier et le Château Frontenac ont décidé de les changer prochainement afin de montrer qu’il ne s’agit pas du tout des mêmes vins. Avec raison d’ailleurs…

Bref, trois dimensions de Chartier à des prix différents, comme quoi, il en faut pour tous les goûts et toutes les bourses. À la bonne vôtre !

2 comments

  • Lina Boutin

    Il n’a pas fini de nous surprendre ce cher François !!!! Son travail, son talent et sa grande générosité fait de lui un homme d’exception !!!! Maintenant il récolte ce qu’il a semé !!!! Que du bonheur!!!! Je lui souhaite!!