Le vin du coq noir

Toute une histoire pour ce vin dont l’ampleur du vignoble fut départagée par un gallinacé noir. Souvent dénigré par le passé à cause de sa bouteille en osier qui une fois vidée, servait de bougeoir, il mérite qu’on s’attarde à ses multiples facettes car force est de constater qu’on est loin du Château « Spaghat » ! Découverte ou redécouverte du fameux chianti classico*.

Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)

Selon la légende, c’est un coq noir qui décida du sort de tout le territoire du Chianti. Au Moyen Âge, les républiques de Sienne et de Florence se disputaient incessamment ces terres convoitées. Pour départager les deux camps, on décida alors de choisir, des deux côtés, un cavalier pour les représenter. Le point de rencontre de ces deux chevaliers devait permettre de délimiter une fois pour toutes les frontières de chacun. Quelques jours avant le départ, Sienne convint d’utiliser les services d’un coq blanc, alors que Florence choisit un coq noir. Ils décidèrent de l’enfermer dans une petite épinette sombre, sans manger, pendant plusieurs jours. Comme le coq noir était frustré de ses conditions, lorsqu’il fut libéré le jour de la course entre les deux cavaliers, il cria son fameux cocorico bien avant l’aube. Résultat, le cavalier florentin partit beaucoup plus tôt et parcourut bien plus de kilomètres que le Siennois. Ce dernier ne parcourut que 20 kilomètres, laissant ainsi tout un territoire à Florence en 1716.

Succès canadien

Légende colportée de siècles en siècles, l’emblème du coq noir est tout cas le sceau de garantie du chianti classico. Délimitée sur un territoire de 70 000 hectares avec pour l’instant 7 200 hectares de vignes plantées, on produit dans l’appellation chianti classico de 35 à 38 millions de bouteilles du précieux breuvage chaque année. Aujourd’hui, le territoire est divisé en 7 sous-régions qui produisent des chiantis tous différents les uns des autres. Ajoutons que l’appellation du chianti classico garantit qu’elle provient de la région délimitée en 1716. Le chianti « simple » est lui, produit en dehors de ces frontières délimitées historiquement.

Grappe du vignoble Dievole

L’élément principal de cette appellation est bien sûr le sangiovese, « le sang de Jupiter » en italien. Ce cépage doit représenter un minimum de 80% de l’assemblage final. On peut y retrouver ensuite jusqu’à 20% de raisins rouges locaux (Canaiolo, Colorino) ou internationaux (cabernet sauvignon, merlot).

Bref, des chiantis, il en existe de toutes sortes. Et le banal côtoie parfois l’extraordinaire. Difficile de ne se fier qu’aux grandes maisons, car certains petits producteurs génèrent parfois des merveilles de chiantis. Tout est question de terroir, de savoir-faire et de climat. Exporté dans 130 pays, le chianti a en tout cas la faveur des Canadiens puisque notre pays est le quatrième en importance en termes d’importation.

Le système de classification du chianti classico 

 

 

 

  • Le chianti classico annata est l’entrée de gamme de l’appellation. C’est dans cette catégorie que l’on retrouve les vins vins plus frais avec seulement 1 an de vieillissement. Bref, des vins à fort indice de buvabilité. Pas étonnant qu’il représente près des 3 quarts de l’appellation.

 

  • Le chianti classico riserva est lui, mûri pendant au moins 24 mois et présente évidemment des caractéristiques plus raffinées et complexes que l’annata. (23% de l’appellation)

 

  • Le chianti classico Gran selezione est depuis 2013, le nouveau type de chianti qui grandit petit à petit. Actuellement, il représente 4% de l’ensemble de l’appellation. Là, le vin est issu de raisins d’une seule exploitation et est vieilli pour un minimum de 30 mois, dont trois d’affinage en bouteille.

Quelques bons exemples de chianti classico qui valent le détour

San Felice, Chianti classico, DOCG, 2015

Pour découvrir ou redécouvrir le classico, pourquoi ne pas acheter cette bouteille de qualité d’entrée de gamme ? Un chianti « annata » qui vous séduira par ses arômes de cerises, fraises et de violette avec des notes de cuir. Bonne acidité. Étonnamment long en bouche pour le prix. (18,55$)

 

Cafaggio, Chianti Classico, DOCG, 2013 

Plutôt charmeur ce Calafaggio de 2013 avec beaucoup de cerises certes mai aussi des épices douces, de la réglisse et du cuir. Beaucoup de fraîcheur pour ce chianti « annata » qui fera honneur à votre plat de viande « tomaté ». Bon achat ! (21,70$)

 

Le Miccine, Chianti Classico DOCG, Gaiole in Chianti (Siena), 2014

La propriétaire de ce vignoble est en fait originaire de St-Bruno de Montarville en banlieue de Montréal. Avec son accent écossais (oui, car son père est « Scottish »), Rita Cook et sa fille Paula ne sont pas peu fières de leurs produits. Et avec raison, ce chianti classico fleure bon la cerise surette, une certaine minéralité et quelques épices ça et là. Un vin gourmand dont vous pourriez devenir friands surtout à ce prix. (22,90$)

 

Querciabella, Chianti Classico DOCG, Greve in Chianti (Florence), 2013

Un 100 % sangiovese, ce qui n’est pas très répandu dans l’appellation, qui devrait plaire aux amateurs de vins parfumés et élégants avec une belle acidité vigoureuse. Un chianti mi-corsé, très fin et qui devrait bien vieillir encore quelques années. (33$)

 

Il Grigio, Gran Selezione, San Felice, 2013

Voici un excellent exemple de la classification Gran Selezione par la maison San Felice. Ce vin est d’une grande classe et d’une complexité remarquable pour un chianti classico. Le fruité en évolution est superbe, et les arômes de cuir, de tabac et de fleurs séchées font de ce vin, un grand cru velouté, à déguster pour une belle occasion. (46,50$)

 

 

*Pour connaître les disponibilités en succursales, cliquez sur la bouteille ou sur le prix.

 

 

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