Millésime : Des vins différents d’une année à l’autre ?

On a beau apprécier un vin que l’on achète régulièrement, certaines années, on a l’impression que notre nectar n’est pas pareil : moins fruité, plus acide, plus tannique, plus sucré, trop d’alcool… Bref, votre vin subit l’effet « millésime ! L’année de la récolte des raisins a en effet  tout un impact sur le produit fini. Vous avez deux minutes ? Explications de l’effet millésime…

Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)

Le fameux bon vin qu’on est toujours heureux de revisiter année après année nous déçoit parfois. La raison en est simple, l’équilibre, ce qui définit la caractéristique du bon vin n’est pas toujours au rendez-vous. Ceci nous rappelle que le travail du vigneron, c’est avant tout de l’agriculture et qui dit agriculture dit forte dépendance de la météo et des affres du climat. Et selon le millésime (l’année de récolte des raisins), l’impact peut-être dévastateur, salvateur ou bienfaiteur.

Rappelons donc d’abord ce qu’est un bon vin : un vin bien équilibré en sucre et en acidité, qui développe des arômes à point et dans le cas des rouges, des tanins mûrs.

Qu’est ce qu’un bon millésime ?

Le vin issu d’une bonne année aura donc cet équilibre entre l’alcool et l’acidité, des arômes fins et des tanins mûrs. Des qualités qui seront présentes ou pas, au gré de la générosité de Dame Nature.

Ainsi, une année ou l’été est pourvu de soleil et de chaleur, les raisins sont mûrs, gorgés de soleil et donc de sucre. Ce qui veut dire que lors de la fermentation, la quantité raisonnable de sucre se transformera en alcool et donnera dans la plupart des cas, des vins équilibrés avec des taux d’alcool en bas de 14%.

Les millésimes difficiles

Par contre des étés trop chauds avec des épisodes parfois caniculaires feront monter les taux de sucre, et donc forcément le taux d’alcool. Pire encore, l’acidité contenue dans le raisin sera faible, donnant l’impression de vins mous, fatigués avec un fruité « confituré » et cuit.

Dans le cas de saisons peu ensoleillées et trop froides, certains raisins ne mûriront pas suffisamment et resteront acides. Le vin au final pourra être désagréable, trop acide, trop faible en alcool et, dans le cas des rouges, sera doté de tanins verts, très astringents avec des arômes végétaux.

Enfin, la pluie en fin de saison bien que parfois bienvenue pour nourrir la terre, peut être tout un casse-tête pour le vigneron, car les raisins seront gorgés d’eau donnant des vins dilués au niveau de l’acidité et des sucres.

Les « millésimes de vigneron »

Évidemment, on ne peut pas faire grand chose contre les caprices de la nature, mais le vigneron peut jusqu’à un certain point atténuer les effets négatifs de millésimes difficiles. Des années qu’on appelle alors les « millésimes de vignerons ». Un bon vigneron peut ajuster son traitement dans le vignoble (par exemple, combattre les maladies causées par une trop forte humidité), trier soigneusement ses raisins lors de la récolte ou encore adapter sa méthode de vinification une fois rendu au stade de l’élaboration du vin.

Par exemple, une des pires années à Bordeaux fut 2007 : les vins étaient dilués, sans âme à cause d’une fin de saison de mûrissement catastrophiques avec beaucoup de pluie. Pourtant certains domaines de grands crus classés ont pu tout de même produire de bons vins, moins bâtis pour le vieillissement en cave bien sûr mais qui avaient jusqu’à un certain point de belles caractéristiques de qualité.

Mais alors, quels sont les bons millésimes ?

Je vous vois venir avec vos gros sabots ! Si le millésime est si important, quelles sont les bonnes années à acheter alors ? Certains guides ont produit des grilles de millésimes pour certaines régions vinicoles. Un travail louable mais à mon avis incomplet et je dirais même hasardeux. Car les régions sont tellement différentes en termes d’exposition aux caprices du climat. La Bourgogne avec ces presque 200 microclimats différents en est un bon exemple : des vignobles de Chablis ont été dévastés certaines années alors que d’autres appellations se portaient très bien. Une météo difficile à Bordeaux peut très bien créer des choses meilleures dans la vallée du Rhône ou l’inverse dans le Languedoc et vice-versa. Bref, on n’ira pas jusqu’au cas par cas, mais cela illustre bien la difficulté de concocter une grille de millésimes, forcément réductrice. Sans oublier que le travail de vigneron a une certaine influence sur la lutte contre ces fameux caprices de la météo.

Donc, soyez attentifs à cet effet millésime et si vous avez des régions de prédilection, allez faire tour sur le site des associations de vignerons du cru, ils regorgent d’information sur les millésimes précédents. À la bonne vôtre !

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