Quatre petites folies pour le week-end !


Sachant que le consommateur canadien moyen est prêt à payer un maximum d’environ 14$ pour une bouteille de vin, je peux donc affirmer que les quatre suggestions de cette fin de semaine, sont assurément des « petites folies » pour bon nombre de portefeuilles. Mais « petites », car après tout, leur prix varie entre 24 et 37 dollars. L’occasion donc, de peut-être célébrer un petit quelque chose en famille ou entre amis.

Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)

chablis malignyChablis, Château de Maligny, Vigne de la Reine, 2014, Bourgogne

Le chardonnay est probablement le cépage blanc le plus connu et souvent vu comme le raisin « tout terrain » qui peut être cultivé dans à peu près n’importe quelle région vinicole. C’est vrai, mais quand il est vinifié dans certaines appellations, on hérite de petites merveilles. Il suffit de penser aux chardonnays de la Bourgogne, qui se « cachent » derrière les chablis. Qu’ils soient grands crus, premiers crus, Petit Chablis ou Chablis génériques, ces vins quand ils sont issus de belles années et de bons vignerons attentionnés valent toujours le déplacement. Le terroir des chablis donne souvent des blancs racés grâce au sol calcareux (kimmeridgien pour les initiés) et à la situation climatique de la région plus fraîche qu’ailleurs en Bourgogne. Le Château de Maligny ne fait pas exception avec un vin d’une jolie fraîcheur florale et minérale au nez et d’une matière fruitée en bouche, sans apport de bois. Bref, on est loin des chardonnays sirupeux calfiorniens. Ici c’est la pureté du fruit et des arômes floraux qui prévalent. Et c’est tant mieux ! Avec huîtres ou saumon fumé. (24,75$)

barolo batasioloBarolo, Riserva 2005, Batasiolo, Piedmont, Italie

Ici, nous sommes dans le Piedmont, dans le nord de l’Italie, là où le cépage nebbiolo (nom évoquant le brouillard en italien) offre des vins souvent remarquables lorsqu’ils sont bien faits. Les barolos sont de couleur grenat moyennement soutenue, ont une belle acidité et sont aussi dotés de tanins souvent astringents, ce qui leur confèrent une belle aptitude au vieillissement. D’où l’idée d’en boire qui ont déjà quelques années de maturation derrière le goulot. Le millésime 2005 est souple et nous propose au nez et en bouche une belle complexité d’arômes de fruits noirs légèrement confiturés, de graphite, de cuir et de café torréfié. Cette sarabande de saveurs est bien encadrée par une trame tannique soyeuse. Une longue finale en bouche qui en fait un vin à boire entre bons amis avec, pourquoi pas, un plat de porc aux champignons. (37,25$)

Laudis TorresLaudis, Priorat, 2012, Torres, Espagne

Déplaçons-nous en Catalogne, plus précisement dans la région du Priorat (monastère dans la langue locale), dans l’est de l’Espagne. Si le calcaire est typique du chablis, ici, on a affaire à un tout autre terroir. Beaucoup de soleil, peu de pluie et puis, ce sol bizarre appelé llicorella, mélange de schiste et d’ardoise, qui force la vigne à creuser en profondeur pour aller s’abreuver…Bref, comme on dit, quand la vigne souffre, c’est bon pour le vin qui en résultera. Deux cépages en présence ici, le grenache (garnacha) et le carignan (carinena). Au nez, une explosion d’un savant mélange de framboises, de prunes, de mûres et d’épices. Le mûrissement en chêne lui apporte son côté fumé et grillé. C’est du corsé, mais frais en bouche grâce à une bonne acidité. Belle finale. Comme d’habitude, quand c’est Torres, on ne se trompe pas. Un petit coup de carafe lui fera du bien. Du porc grillé ou de l’agneau. (25,30$)

porto offley tawnyOffley, Porto Tawny, 10 ans d’âge, Portugal

Tiens, un licoreux, me direz-vous…Oui, un porto tawny à fortiori. La maison Offley fournit ici un porto vieilli 10 ans en fûts, rempli d’arômes de sucre brun, de caramel, de noisettes et de gâteau aux épices. C’est classique, bien fait et agréable, légèrement rafraîchi en « pousse-café » ou digestif. N’oubliez pas, le tawny est vieilli en fût avant d’être embouteillé. Donc, il ne se bonifiera plus en bouteille. Une fois achetée, une bouteille doit être consommée dans les 18 mois suivant son embouteillage, si vous voulez qu’elle préserve son fruité et sa fraîcheur. C’est l’inverse des portos « vintages » qui eux, doivent mûrir et évoluer en bouteille pendant de longues années pour développer toute leur complexité. Encore une chose, une fois ouvert, il vaut mieux consommer votre tawny au maximum 2 à 3 mois, si possible au frais. On garde la bouteille debout, pas couchée (à cause de son petit bouchon). (28,95$) À la bonne vôtre !