Vin rosé, mode d’emploi !

Autant vous le dire tout de suite, tout vin rosé qui se respecte n’est pas un mélange de vin blanc et de vin rouge. Que nenni ! Non, en fait, c’est d’abord et avant tout, du vin élaboré à partir de cépages rouges. On part ainsi d’un raisin qui sert à faire du vin rouge pour lui donner la fraîcheur du vin blanc. Mais, alors comment ça marche ? Suivez-moi, et parce que c’est vous, je vous file en prime quelques petites suggestions en fin de parcours.

Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)

À part certains pays comme l’Afrique du sud et l’Australie qui autorisent le mélange de vins rouges et blancs pour faire du rosé, tous les pays de l’Union européenne dont la France, première productrice mondiale de rosé, s’en tiennent à la vinification spécifique du rosé. Il y a bien eu un mouvement européen pour changer la donne en 2009, mais le « soulèvement » a été tué dans l’oeuf. La seule exception, c’est pour les producteurs de vins mousseux notamment en Champagne qui peuvent mélanger blanc et rouge, notamment le pinot noir et le chardonnay.

Deux techniques
roséUne fois le raisin récolté et foulé (c’est à dire que les raisins sont « éclatés » pour en extraire le jus), le vigneron pourra choisir entre deux manières de produire du vin rosé en fonction du type de rosé qu’il veut élaborer. Soit, il choisira le pressurage direct, soit il optera pour la saignée. Dans le cas du pressurage direct, les grains de raisin seront pressés, donnant lieu pendant cette étape, à un contact entre le jus et la peau, ce qui va colorer légèrement le vin. Alors que dans le cas de la saignée, le vigneron décide de vinifier son rosé comme un vin rouge en faisant macérer ses raisins dans une cuve pendant 12 à 24 heures. L’idée, c’est de ne pas trop colorer le jus (le moût) par la peau du raisin dont il est issu. Car c’est la peau qui donne la couleur, puisque dans le cas des cépages rouges, la pulpe est blanche. (Dans le cas du vin rouge, la macération, elle, peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines). Le jus du rosé est ensuite soutiré pour se retrouver dans une cuve afin qu’il fermente jusqu’à deux semaines, le temps que les sucres du jus se transforment en alcool.

À boire jeune et frais

Un vin rosé va rarement se bonifier avec le temps. En fait, il va même perdre de sa couleur et de son fruité. Donc, préférez toujours le plus récent millésime. Au plus tard, consommez-le deux ans après l’année de mise en bouteille. Quant à la température de service, elle doit osciller en général entre 10 et 14 degrés.

Quelques suggestions

Histoire de boire autre chose que les petits rosés industriels souvent trop sucrés que sont les Barefoot et Gallo de la Californie, voici quelques exemples de vins rosés secs bien faits et parfaits pour cet été.

mugaMuga rosé

Vous connaisssez peut-être mon penchant pour les vins espagnols. Voici donc un rosé d’une maison qui produit des vins rouges extraordinaires. Le Muga rosé est ici un assemblage de tempranillo, de garnacha et du cépage blanc viura. Une belle acidité en bouche, des arômes de fraises, de fruits rouges et de pétales de rose, le tout enrobés d’épices, ce Muga fera des merveilles aussi bien avec une salade, du saumon grillé ou des fruits de mer. (14-16$)


caceresMarques de Caceres rosé 

Un autre espagnol d’un domaine vinicole vedette dans le Rioja, le Marques de Caceres (disponible aussi en rouge et en blanc) offre ici une jolie robe couleur corail, des arômes de groseilles rouges, de fleurs et d’épices sucrées. Une valeur sûre qui ne vous décevra pas.(environ 15$)


perrinLa Vieille Ferme rosé

La maison Perrin dispose dans son portefeuille de propriété, ces vins de la « Vieille Ferme ». Ne vous attendez pas à un chef d’oeuvre inoubliable, et cela tombe bien, ce n’est pas le but de ce rosé. Un vin plaisir comme ses frères rouge et blanc qui vous gratifiera d’un joli bouquet de fruits rouges (cela fleure bon la fraise et la framboise). Un bel assemblage de cinsault, de grenache et de syrah cultivé sur le Mont Ventoux et vinifié en saignée. À ce prix-là, on serait fou de s’en priver, années après années.

Domaine de Gournier rosé

Dans le même ordre d’idées, ce rosé produit près d’Uzès dans le Gard, vous en donnera pas mal pour vos 13 dollars. Évidemment, rien de compliqué, mais cet assemblage de mourvèdre, grenache, syrah et cabernet-sauvignon sera capable d’affronter vos grillades de poulet et de légumes. Fraises, framboises et épices fumées au rendez-vous.


IMG_0144Pétale de rose

Direction le Var, dans le sud-est de la France pour ce très bon rosé, produit par une orfèvre en la matière, Régine Sumeire. Connue aussi pour son Château La Tour de L’Évêque, cette famille nous offre ici un rosé à la robe très claire, d’un couleur « peau d’oignon » qui explose d’arômes de fleurs sauvages, de fruits rouges avec une pointe de pamplemousse. Frais, équilibré, fruité avec…mais oui, soyons fou, ça sent bon la garrigue ! Une belle longueur en bouche. Du grand art de rosé à environ 20-21$


Tavel Famille PerrinTavel Famille Perrin

Puisqu’on est dans la haute couture du rosé, je m’en voudrais de passer sous silence encore la famille Perrin qui produit ce Tavel, une appellation d’origine contrôlée qui a élu domicile dans les communes de Tavel et de Roquemaure, dans le Gard. Ici aussi, ça sent la garrigue, les herbes, les fruits rouges. Si vous cherchez rosé bien charpenté avec une belle matière en bouche et une acidité rafraîchissante, vous avez trouvé ici un habile assemblage de cinsault, grenache et mourvèdre. Oui, les « Tavel » sont plus chers que la moyenne, mais cela vaut son prix. (Environ 22-23$)


quailsQuails Gate rosé

Et puisque j’habite dans une province qui abrite de solides vignerons dans la vallée de l’Okanagan, je me permets de vous suggérer un assemblage de gamay noir avec une pointe de pinot noir et de pinot gris. Ici aussi, cela fleure bon les fruits rouges, la rose, la rhubarbe et les épices fumées. Avec son acidité qui explose en bouche, ce rosé est un bon compagnon pour une salade au poulet grillé. (17$)

Et vous, quels sont vos rosés préférés ? À la bonne vôtre !

2 comments

  • Boisseau Serge

    Petit erreur géographique pour ce qui concerne le Pétale de rose… le Var est dans le Sud-Est et non le Sud-Ouest (Bordeaux).