Le vin de la semaine : une star du printemps

pétale de rose, Le vin de la semaine : une star du printemps

Naguère, j’attendais l’arrivée de la pléthore de nouveaux rosés qu’allait proposer la SAQ pour faire mes emplettes saisonnières. Je le confesse, je suis friand de ces vins frais qui se marient autant avec le homard, certains poissons, le couscous, les grillades de porc, bœuf ou poulet.

Par Jean Chouzenoux

Désormais, c’est en me rendant sur certaines propriétés viticoles provençales que j’emplis le coffre de ma voiture de jolis flacons…nouveaux nés des dernières vendanges. Mais cette année, ce sont ces foutus conflits mondiaux et crises du pétrole qui s’en suivent qui ont mis un coup de frein à ma tournée printanière.

Château de La Tour Lévêque

Au fil des ans, j’ai pu faire mes courses aux Châteaux Ste-Roseline, d’Esclan, Minuty, Ott, Barbeyrolles et quelques autres. Or, cette semaine j’avais annoncé ma venue au Château de La Tour Lévêque pour aller quérir mes cartons de Pétale de Rose. Au lieu de me balader dans un décor digne d’un tableau de Cézanne pour me rendre au Domaine, c’est de derrière mon écran que j’ai banalement tapé ma commande. Au diable le reportage photographique qui aurait accompagné cette chronique.

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Mais bon… parlons terroir, parlons vins car c’est bien cela qui compte ! Devisons sur les vins de Régine Sumeire présents au Québec depuis plus de 25 ans. Son porte-folio est bien garni mais les plus connus sont le vin rouge Château de la Tour Lévêque et surtout le rosé Pétale de Rose, régulièrement dans le peloton de tête du palmarès printanier.

Le Domaine Tour de Lévêque existe depuis 1958 fondé alors par le grand-père de Régine. Son papa prend la relève et enseigne les rudiments du métier à sa fille déjà envoutée par l’avenir de viticultrice qui s’offre à elle. Forte des enseignements du paternel elle entend composer sa propre partition et laisser sa marque. Visionnaire, Régine élabore au tournant des années 1980 les premiers rosés au teint pâle qui lui valent quelques risées au départ. Trop légers, pas finis…quand on voit le succès planétaire de ce type de rosés de nos jours, on en reste pantois et on salue l’audace de la jeune vinificatrice.

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Régine Sumeire

Ces robes claires évoquent la peau d’une pêche ou la chair d’un litchi. Leur couleur délicate est le fruit d’une courte macération où les pigments contenus sur la peau des raisins ne font qu’effleurer le jus obtenu d’une presse en fouloir pneumatique. Entre-temps elle fonde un second Domaine au Château de Barbeyrolles, à Gassin aux portes du mythique village de St-Tropez

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Pieds de vignes au Château Barbeyrolles

Par ailleurs, le climat ne pose pas trop de problèmes mises à part les fortes chaleurs pouvant survenir certaines années. Dans cette région du sud de la France le soleil dispose de la latitude nécessaire pour chauffer cette terre de cocagne afin de permettre à la vigne d’y puiser son énergie et son oxygène. Le terroir schisteux favorise l’épanouissement du grenache majoritaire, marié au cabernet-sauvignon pour l’élaboration du Tour Lévêque rouge. Cela donne un vin à la robe rubis d’une intensité profonde. Son nez de fruits rouges rôtis, de cassis et de mûres alliés à des parfums épicés, de garrigue, de cannelle et de muscade, lui confèrent une palette aromatique singulière. En bouche, une belle acidité soutient une matière onctueuse, chocolatée, balsamique et fruitée…une sensation qui perdure assez longuement en bouche. Un vin typique du sud de la France.

Pétale de RosePétale de Rose, Régine Sumeire, Côtes de rovence, France

Comme pour le rouge c’est le grenache qui mène la danse dans l’élaboration du rosé, couplé au cinsault ils apportent chacun leur contribution à ce que je considère le rosé le plus stable année après année. Sa jolie vivacité alliée à une bouche gourmande à la fois fruitée et épicée lui confèrent une élégance et un racé incomparables. Son nez évoquant le pomelo ou l’orange sanguine fait office d’agréable préambule à la dégustation. Ce n’est pas le simple rosé de piscine devenu cliché mais un rosé racé, au caractéristiques affirmées que l’on sert fièrement à table en épousailles aux volailles, poissons ou côtelettes d’agneau passées sur les braises ardentes. En fait, ce que l’on retrouve dans le verre est le résultat d’un travail minutieux effectué au champ et en cave. Peu de travaux mécaniques dans les vignes, des vendanges manuelles, un enherbement à la saison morte et un tri sur pied avant l’entrée en cave. La vinification sans foulage dure à peine quelques heures, le temps d’atteindre sa jolie teinte pétale de rose, emblème de la marque. BIO. (25,30$)

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Pétale de rose

La vie en rose

Souvent négligé, le vin rosé possède pourtant bien des vertus. Polyvalent, il se marie à une foule de plats comme on l’a vu plus haut. En outre, on lui reconnait son aspect festif premier attrait apporté justement par sa couleur. Et quand le nombre de convives vous permet de poser un magnum sur la table, c’est une première impression fort réjouissante. Enfin, quand sous au ciel éclatant vous étendez la nappe sur l’herbe douce, vous sortez les verres du panier à pique-nique et la bouteille de rosé de la glacière…voilà que les sourires illuminent les visages de tous. Le rosé devient alors un rouage essentiel de l’art de bien vivre !

Jean Chouzenoux a travaillé 35 ans à la Société des alcools du Québec, y a occupé différents postes de gestion aux ventes, aux communications et à la commercialisation. Il est également membre de nombreuses confréries bachiques et gastronomiques et animateur de tournées viticoles dans le vignoble européen. Installé à Nice depuis 2010, où il continue d’entretenir sa passion pour le vin.


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