Le vin de la semaine : Une aubaine de Bordeaux

Quand on achète un vin, c’est en général pour le consommer dans les heures ou les jours qui suivent. Et c’est bien normal puisque plus de 85% des bouteilles sont prêtes à boire dès qu’elles sont disponibles sur le marché. Après tout, seuls les richissimes collectionneurs prennent le temps d’acheter ces grands crus inabordables qu’ils consommeront dans 10, 15 ou 20 ans. Et si je vous disais que pour 20 $, on peut acheter un très bon vin, prêt à boire maintenant ou si l’on est patient, d’ici 10 ans, 15 ou 20 ans ? En voici un…
Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)
Au risque de me répéter, on trouve toujours d’excellents rapport-qualité-prix dans les petits domaines bordelais issus des appellations plutôt « roturières », loin des parfois pompeux grands crus classés de tout acabit. En ce « vindredi », on fonce dans les côtes de Bordeaux, plus précisément dans les côtes de Blaye, situées sur la rive droite de la Gironde, à 45 km au nord de Bordeaux, juste en face du Médoc. C’est là que le Château Cailleteau Bergeron produit 3 vins qui, chacun à leur niveau, valent le détour. Le domaine est administré par Marie-Pierre et Pierre-Charles Dartier. Non ce n’est pas un couple, ils sont frère et sœur.


Cette cuvée, élevée en fûts de chêne est un assemblage de merlot (80 %), cabernet sauvignon (10%) et, fait plutôt rare dans cette appellation, de 10 % de malbec pour la couleur et le côté épicé.
Dégustation : Au nez, il n’y a aucun doute, nous sommes dans la Gironde. Avec ces fruits noirs, ces prunes, quelques notes de tabac et puis, ce boisé grillé qui vient souligner l’ensemble de belle façon. En bouche, il a cette jolie charpente bâtie pour durer, avec de beaux tanins charnus. Pour avoir eu l’occasion de déguster d’autres millésimes, ce vin tient décidément vraiment bien la route dans les bonnes années. Ainsi, un 2010, un 2009 et un 2005 en avaient encore pas mal derrière l’étiquette pour d’autres années supplémentaires. Avouez que pour un vin à 20 $, on en a pour son argent. Et si je vous disais que le 1995, le 1971 et le 1961 étaient encore bien vivants ? Croyez-moi sur parole, c’était plus que surprenant…
Accords : Bu avec un onglet de bœuf et quelques frites, ce fut très bon. Ce côtes de Bordeaux est tendu, vif et moyennent corsé. Avec sa composante majoritaire de merlot, il pourrait tout autant bien accompagner un magret de canard qu’un carré d’agneau.
Rapport qualité-prix : Dois-je préciser qu’à ce prix (20,70$), il faut en faire provision afin d’en garder quelques-unes en cave pour les prochaines années et surtout pour goûter son évolution au fil du temps ? Vous ne serez pas déçus… À la bonne vôtre !
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