Trois vins de semaine à moins de 12 dollars

Histoire de couper la semaine en deux, un petit vin ferait l’affaire en ce #mercredivin. Vous cherchez du bon jus, rien de bien compliqué, mais bien fait et agréable ? Et tout cela en bas de 12 dollars ? Est-ce encore possible ? D’emblée, je vous dirais que oui. En voici trois qui proviennent tous d’un seul et même pays dont on n’est rarement déçu, que ce soit pour leurs vins les plus prestigieux ou même leurs « bas de gamme ». Plein feux sur 3 portugais.
Par Frédéric Arnould (lefred@toutsurlevin.ca)
Si le Portugal s’est surtout fait connaître par ses vins fortifiés tels que le porto, ce pays s’est bien vite rendu compte que, face au déclin de popularité de ce type de vins, il fallait bien élargir ses horizons et produire des vins tranquilles accessibles, abordables et consommables dès leur apparition sur le marché. L’un des avantages du Portugal, c’est qu’ils ont leur propres cépages que l’on retrouve rarement cultivés ailleurs dans le monde. Donc une originalité que j’apprécie particulièrement.
Commençons par le Douro, région vinicole par excellence du Portugal où les vignes des cépages du porto (touriga nacional et autres) ont été plantées sur les fameuses terrasses. Le moins cher de ces trois vins s’appelle Vila Regia et est produit par le géant du vin, Sogrape qui possède entre autres les portos Sandeman, le rosé Mateus et le vinho verde Gazela.

Changeons de région et fonçons vers le Dao, région vinicole dans le centre du Portugal. On y produit des vins typiques qui, dans bien des cas comme celui-ci, ont une belle minéralité. Les cépages ont pour nom ici touriga nacional, jaen, alfrocheiro et tinta roriz (autre nom du tempranillo). Fruits rouges, prunes, note poivrée. Ce vin est souple, a de la fraîcheur en bouche et regorge de fruits. On peut l’acheter les yeux fermés pour 11,90$. 
Il faut se rendre à l’évidence, les Québécois ont la dent plutôt sucrée si l’on se réfère aux vins les plus populaires. Les deux meilleurs exemples sont sans conteste Ménage à trois et Apothic Red qui contiennent respectivement 14 grammes de sucre par litre et 17 grammes par litre. Un vin qualifié de sec va rarement dépasser le 4 ou 5 grammes maximum. Mais alors, pourquoi autant de sucre dans les deux vins mentionnés plus haut ? C’est parce qu’il y a du sucre que l’on appelle résiduel. Il s’agit du sucre qui demeure dans le vin une fois la fermentation alcoolique terminée. Rappelons que la fermentation transforme le sucre en alcool. Mais bon, ces vins semblent indéboulonnables dans la liste de popularité. Bref, les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas. Alors, tentons de couper la poire en deux pour faire changement. Allons-y avec un vin portugais de la région de Lisbonne qui, techniquement, n’est pas un vin sec puisqu’il contient environ 9 grammes de sucre résiduel par litre. Sauf que je trouve que tout est en équilibre dans ce petit vin fruit sans prétention. Digeste, mi-corsé, le Quinta de Bons-Ventos est composé de castelao (un cépage aussi appelé periquita), de camarate, de tinta miuda et de touriga nacional. On est plutôt dans les fruits noirs et la prune ici avec des arômes d’épices douces. Une belle acidité rafraîchissante en bouche et une belle finale pour un vin de ce prix. Moins cher que les Apothic et Ménage à trois. Moins sucré, plus digeste et plus original. (11,80$) À la bonne vôtre !
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