Des vins d’importation privée, bientôt importations publiques sur le site de la SAQ

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« On en parle depuis un moment et aujourd’hui nous sommes heureux d’annoncer que l’offre de produits en IP dans SAQ.COM est un projet qui se concrétisera bientôt » peut-on lire dans un courriel envoyé par le service des communications de la Société des Alcools du Québec. Finalement ?

L’objectif ? Rendre des produits IP disponibles en ligne, à la bouteille et pour ce faire, nous utiliserons SAQ.COM, notre plate-forme transactionnelle, déjà populaire auprès de la clientèle. 

Cela fait un sacré moment que l’entreprise travaillait avec l’industrie. En 2016, Alain Brunet, le pdg d’alors de la société, se donnait deux ans pour simplifier et rendre plus accessible l’achat d’IP (importation privée). « Oui, à la bouteille, plus simplement, on paie et on fait livrer ça par « cliquez, achetez, ramassez” au magasin de son coin. On a développé une infrastructure qui permet d’avoir accès à ça tout en préservant la place de l’agent qui fait l’importation. Accélérer les transformations pour en arriver là, moi je pense que d’ici 2 ans, on devrait être là. On dit souvent le diable est dans les détails,on est là-dedans, comment on peut faire ça, en phase avec tout le monde, pour le client. »

Trois ans plus tard, en 2019, nous en avions parlé avec la nouvelle pdg de l’entreprise Catherine Dagenais, peu de temps à son arrivée à la tête de la SAQ. À l’époque, elle annonçait que dès septembre prochain (en 2019), le site saq.com allait être complètement revampé, ce qui devrait permettre ultérieurement d’offrir la possibilité aux clients d’acheter à l’unité sur le site des vins vendus habituellement par des agences de promotion, selon la formule d’importations privées. « Parce qu’actuellement, le système qu’on utilise pour coder les produits d’importation privée n’est pas compatible avec notre système saq.com. » Alors quand ? « Le plus tôt serait le mieux, mais se pencher sur cette possibilité ne se fera pas avant février 2020, estimait alors la pdg de la SAQ.

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Bientôt des bouteilles d’importation privée à l’unité sur saq.com ? SAQ Thetford Mines
© Marjorie Roy Optique

Deux projets pilotes

Quatre ans plus tard, deux projets pilotes sont finalement annoncés pour bientôt. La formule ? « À terme, les clients pourront accéder à une variété de produits IP à une même adresse (one stop shop). Ils pourront se les procurer à l’unité plutôt qu’uniquement à la caisse comme le proposait le réseau IP traditionnel, et ce, selon les mêmes modalités que tout achat dans SAQ.COM », explique-t-on à la société.

Au cours de cet été, en collaboration avec certains agences qui représentent des produits d’importation privée et certains clients qui auraient été identifiés par l’entreprise, la SAQ va donc tester des premiers échanges commerciaux pour la vente de ces flacons d’IP.

« Selon le succès obtenu avec les projets pilotes, nous espérons ouvrir officiellement la boutique IP en ligne dans SAQ.COM pour être en opération lors des différents salons inscrits au calendrier de l’automne », dit-on à la SAQ.   

Qu’en pense-t-on dans les agences ?

Benoit Lecavalier, de l’agence Benedictus et ancien président du RASPIPAV, estime qu’il était temps. « Certains produits ne paraîtront pas dans l’offre SAQ IP à l’unité, c’est la décision de l’agent de lister ou non ses produits dans ce nouveau répertoire, expxique-t-il.  Mais ces produits prendront le virage Importations Publiques ». Selon lui, la SAQ tente de s’approprier ce terme, mais quand ça devient accessible à tous, ce n’est plus de l’importation privée mais de l’importation publique, une sorte d’inventaire financée par l’industrie. « Car la SAQ nous exige une caution, une forme de garantie payable avant l’émission de la commande auprès du fournisseur, une sorte de garantie qu’on vendra tout ce qu’on a commandé, à défaut de quoi (par exemple ne pas respecter les mois d’entreposage alloués), la SAQ va prendre possession des stocks invendus, les détruira ( les medias en ont parlé récemment) et la SAQ va saisir le dépôt de garantie. »

Il revient donc à chaque agent de bien évaluer les quantités à faire venir. « Les produits strictement réservés pour la restauration ne seront pas dans ce nouveau catalogue, ajoute Benoit Lecavalier. Il croit qu’aussitôt lorsque les produits sont inscrits dans ce répertoire, les prix de vente deviennent donc publics et certains agents refusent de rendre publics les prix réels SAQ avant les frais d’importation privée. « Plusieurs restaurants refuseront d’acheter des importations publiques car ils ne veulent pas que leur clientèle connaissent les coût réels d’acquisition » conclut l’agent.

Le projet est encore embryonnaire, et comme dirait l’autre, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. À suivre…


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